Observatoire parcelles d'étude

Contexte et objectif :

Dans le contexte de l’insécurité alimentaire et du réchauffement climatique en Afrique Sub-Saharienne (ASS), les agents pathogènes des cultures vivrières constituent une menace supplémentaire importante pour la production agricole en diminuant significativement les rendements et par conséquence l’accès aux ressources alimentaires des populations vivant dans les régions d’ASS. En effet, les changements climatiques risquent de modifier profondément les relations entre les êtres vivants et en particulier les équilibres entre les cultures vivrières et leurs agresseurs sachant que ces changements en cours, de par leur intensité et leur vitesse, constituent des perturbations plutôt favorables aux parasites du fait de leur grande capacité d’adaptation. Ainsi, le LMI dispose de deux plateformes d’analyse fonctionnelles pour suivre les populations de pathogènes des céréales (riz, mil, sorgho, maïs), d’une légumineuse (niébé), des plantes maraîchères (tomate et oignon) et des plantes à tubercules (manioc et patate douce).

Notre approche est pluridisciplinaire (génétique, agronomie, phytopathologie, entomologie et climatologie), intégrative et participative. Elle va du champ au laboratoire tout en considérant l’ensemble des partenaires qui interagissent aux champs et qui participent à l’obtention d’une bonne récolte. Nous identifions et évaluons l’impact des bio-agresseurs que sont les nématodes, les virus, les champignons, les bactéries, les mauvaises herbes, les insectes sur la production. Nous utilisons des parcelles d’étude incluant des stations météo que nous souhaitons disposé dans différents agrosystèmes au Burkina Faso et au niveau régional selon un axe Nord-Sud et Est-Ouest pour suivre les dynamiques des populations de bio-agresseurs en relation avec l’environnement notamment le réchauffement climatique. Ces parcelles d’étude, qui sont un outil original et de mutualisation des moyens, visent à suivre sur le long terme la dynamique des bio-agresseurs, et ainsi d’identifier les facteurs épidémiologique et génétique déterminants dans l’atténuation et l’adaptation au réchauffement climatique. Elles permettent également de sélectionner et de mettre à la disposition des producteurs des variétés adaptées alliant haut rendement et résistance/tolérance à plusieurs bio-agresseurs à la fois.

Résultats attendus:
1. Développement et vulgarisation à grande échelle de paquets technologiques : des fiches techniques sur « les bonnes pratiques » sont conçues et mis à la disposition des producteurs et ce, dans les principales langues du pays (français, mooré et dioula). Des formations adéquates sont organisées pour mieux accompagner ces changements.
2. Identification de génotypes résistantes et de source de résistance à utiliser par les sélectionneurs dans leur programme d’amélioration: il s’agit d’être en capacité d’anticiper, d’identifier de nouvelles sources de résistance ou de croisement, et d’accompagner les sélectionneurs. L’objectif est de (i) mettre en évidence des variétés résistantes/tolérantes aux différents bio-agresseurs par criblage et (ii) produire de nouvelles variétés avec un pyramidage des gènes de résistance et l’élimination des gènes de sensibilité.
3. Bio surveillance sur le long terme sur la compréhension des interactions complexes au champ en relation avec l’environnement et en évaluant en continue la robustesse des variétés aux champs.
Partenaires: IPME, DIADE ; BGPI, PVBMT, Programme riz, Coopération Allemande (en cours de developpement) à travers le WASCAL (West African Science Service Center on Climate Change and Adapted Land Use) .