Mise en place de parcelles expérimentales de riz visant à l’étude des interactions Climat/Sol sur l’épidémiologie de différents pathogènes

Responsables : Charlotte Tollenaere (IRD), Issa Wonni (INERA) et Christophe Brugidou (IRD)

Contexte :

La dynamique des maladies infectieuses est gouvernée par un triangle de facteurs : le pathogène, l’hôte et l’environnement ; ce dernier regroupant de nombreux facteurs tels que le climat, le sol ou les pratiques culturales dans le cas des plantes cultivées.

Le riz est une culture en pleine expansion au Burkina Faso, ce qui rend cruciale une meilleure compréhension de la dynamique des maladies affectant le riz, dont notamment le virus de la panachure jaune (RYMV), la bactériose foliaire (Xanthomonas oryzae), la pyriculariose (champignon Magnaporthae oryzae) et les infections dues aux nématodes à galles.

 

Résumé du projet :

L’objectif est de mettre en place des parcelles d’étude, permettant un suivi sur le long terme de la dynamique des maladies du riz, afin de comprendre les facteurs déterminants leur épidémiologie. Pour ce faire, des champs expérimentaux seront cultivés, en utilisant un petit nombre de variétés de riz (l’objectif de l’étude n’est pas la diversité de la plante hôte, bien étudiée par ailleurs), mais à travers une diversité d’environnement. Ainsi, les sites seront situés dans les différentes zones climatiques du Burkina Faso, et chacune des parcelles comprendra différents types de pratiques culturales, notamment en termes de type et dose d’intrants.

En effet, les engrais appliqués sont connus pour affecter le développement des maladies des plantes (Snoeijers et al 2000). Ainsi, chez le riz, la quantité de nitrogène a un effet fort sur la sensibilité au champignon Magnaporthae oryza et les mécanismes et le déterminisme génétique de cette sensibilité induite par le nitrogène ont été étudiées (Ballini et al., 2013). Des études expérimentales viseront à établir si un tel effet existe pour les autres maladies du riz, notamment le virus RYMV et les bactéries du genre Xanthomonas.

Nous visons à entreprendre un premier test en 2014 avec la mise en place des deux premières parcelles d’étude à Karfiguela et à la vallée du Kou où l’INERA dispose de parcelles expérimentales. L’objectif est ainsi de tester la mise en place de parcelles d’études en 2014, puis d’étendre le dispositif à 6-8 parcelles situées dans différentes zones climatiques du Burkina Faso en 2015.

Dans un contexte de changement climatique, nous visons ainsi à mettre en place un suivi épidémiologique sur le long terme, dans des parcelles présentant un environnement bien caractérisé.

 

Expériences / Missions prévues pour 2014 :

-          Expériences en conditions contrôlées (serres à Montpellier) visant à mettre en évidence l’effet des intrants sur les infections virales et bactériennes  financement RPB

-          Mise en place des deux parcelles d’étude : missions de Issa Wonni pour l’aménagement initial (juillet) ; emploi d’un manœuvre pour la culture dur riz (4 mois) ; mission de C. Tollenaere (octobre) pour le screening des pathogènes  demande de financement par le LMI : emploi du manœuvre, deux missions intra-Burkina, et un billet AR depuis Montpellier.

 

Références:

Ballini E, Nguyen TTT & Morel JB (2013) Diversity and genetics of nitrogen-induced susceptibility to the blast fungus in rice and wheat. Rice 6:32.

Snoeijers SS, Perez-Garcia A, Joosten MHAJ &De Wit PJGM (2000) The effect of nitrogen on disease development and gene expression in bacterial and fungal plant pathogens. European Journal of Plant Pathology106: 493–506.